dimanche 11 décembre 2005
Parmi les humains
Alors tu vois, Paprika finalement je joue le jeu. Il y avait tant à remercier que j'avais peur d'être perdu et maladroit. Mais ce soir l'envie forte de remercier la foule d'anonyme qui fait mon quotidien. Je prends le métro tous les jours à Paris et souvent pour de longs trajets. Quelquefois je m'absorbe dans un livre et quelquefois non : je reste immobile à regarder les anonymes du métro parisien. Quelle fascination, quelle joie de pouvoir ainsi glisser d'un visage à l'autre. Merci à ceux qui me laissent les observer. D'autant que je le fais de moins en moins discrètement (j'ai peur d'une déformation professionnelle), je les regarde avec avidité, ces visages inconnus mais ils me tolèrent, compagnon silencieux et respectueux. Merci à ceux qui me laissent imaginer mille vies, qui me laissent sentir qui ils sont, me laisse rêver à une multitudes d'histoires. Merci à ceux qui me donnent quelques phrases en passant dont je ne comprends pas les tenants et aboutissants mais dont j'ai la sensation de tout saisir en éclats. Merci à ceux qui me donne un geste trahissant une émotion, comme à la dérobée, en contrebande pour nuancer le portrait, l'affiner, le rendre toujours plus mystérieux Merci à ceux qui s?offrent à mon regard et me donne cette joie dont parle Kafka dans son Journal (de mémoire) : « la joie simple d?être parmi les humains ».
Paris le 10 Décembre 2005
Auteur : uzura
samedi 3 décembre 2005
les grands arbres
Voilà quelqu'un qui entend les arbres.
Sans paroles, il les comprend et les sauve quel que soit le nombre de mètres en hauteur, quel que soit le nombre de tonnes, quels que soient les risques de ce genre de manipulations et de transport. Ces seigneurs de la terre pivotent et s'élèvent pour monter sur un gros camion.
Là où ils étaient depuis très longtemps, l'homme a décidé de mettre autre chose.
D'habitude on tronçonne, mais lui les emmène, les soigne, les revend.
Merci pour ces palmiers, ces oliviers, ces figuiers, ces arbousiers, ces magnolias, mais aussi ce poivrier centenaire, ces chênes, ces micocouliers ou ces cyprès de plus de seize mètres, et pour ceux dont je ne connais pas les noms.
Merci Jean- Marc
Le 20 Novembre 2005 à Uzès
F .C
mardi 29 novembre 2005
Le mode d'emploi
Bonjour Bonjour,
je reçois une foule de mails de néophytes, qui me demandent comment écrire sur le blog des merci qui. Et je me rends compte que j'ai ommit de détailler la procédure. La voici donc: il vous suffit de cliquer sur commentaire, à la fin d'un texte, une fenêtre va s'ouvrir, avec un espace destiné à recevoir vos mots. Après vous cliquez sur poster et publier, et moi je me charge de l'affichage dans un deuxième temps.
Autre possibilité, vous m'envoyez votre texte par mail, paprika.even@free.fr, et je le publie.
Voilà.
Je vous salue, vous remercie, et vous dis à bientôt pour le récit des jeudis du cinéma.
P.E Uzès le 29 novembre
dimanche 13 novembre 2005
MERCI MAMADOU
Le samedi, à Uzès il y a un grand grand marché. Et sur ce marché il y a un vendeur merveilleux, que tout le monde aime, et qui s'appelle Mamadou. Mamadou est d'origine sénégalaise, il est très grand, très costaud, il me fait penser à Ousmane Saw question carrure, c'est dire, et il vend des chaussures.
Moi, j'ai beaucoup de chance parce que c'est juste là, sous mes fenêtres qu'il installe sa boutique ambulante.
Alors le samedi, quand il fait froid, je lui apporte le thé. ça me fait plaisir de préparer le thé à la menthe comme là bas, et de livrer sur le trottoir le plateau fumant. Parfois mes enfants l'aident à remballer, quand il est seul et qu'il nous semble qu'il est bien tard, et qu'il y a encore beaucoup de cartons qui n'ont pas réintégré le camion.
Quand je lui propose le thé, Mamadou répond toujours; tu ne dois pas te fatiguer pour moi. Et après; merci, mais tu n'aurais pas du te donner cette fatigue.
Le soir, quand il remballe je lui demande comment ça a marché, et il répond toujours ; bah on bircolle. Ce n'est pas une faute de frappe, il dit vraiment on bircolle ou on a bircollé. Et moi je me régale, j'adore quand il dit ça. Je ne sais pas pourquoi c'est une faute de prononciation que j'ai souvent entendu dans des bouches africaines.
Donc, surement à cause du thé et tout ça, Mamadou me fait parfois des petits cadeaux. Quand j'ai acheté des chaussures pour les enfants je n'ai pas réussi à les payer, pareil pour mes tongs, l'été. Donc un jour, c'était l'automne et en automne Mamadou vend des chaussons. De gros chaussons en laine, pour la campagne. Alors un jour il en prend une paire et me dit tiens prends pour toi des chaussons, et pour les enfants aussi, c'est quoi leur pointures.
Non, Mamadou, c'est gentil mais ils ne portent pas ça et moi non plus, je n'en mets pas des chaussons.
Si tu les prends, voilà.
Bon, je pars avec les chaussons et je les oublie dans un fond de placard, vu que je n'en mets jamais. Mais un jour j'avais froid aux pieds parce qu'il y a du carrelage partout dans ma maison. J'ai enfilé les chaussons, et c'était délicieux. Et depuis je mets les chaussons de Mamadou, il faut dire que je suis célibataire en ce moment. C'est plus facile pour le conford...Je mets tous les jours ces chaussons et chaque fois je lui dis Merci Mamadou, et pas que pour ça.
jeudi 10 novembre 2005
le pull du matin
Le matin, juste quand je sors du lit, j'ai un peu froid. Et j'ai souvent des frissons et la chair de poule. Quand Fabien me voyait trembler il me disait, mais couvre toi, mets un pull, tu grelottes. Et moi, mais c'est pas qu'il fait froid, c'est le froid du matin tu sais, ça va vite passer.
-Et alors, mets un pull. Et, en général il m'enveloppait dans un de ses très grands et très gros gilets.Il n'a jamais supporté l'idée que j'aie froid.
Depuis, le matin, je me cou
vre et je blottis mes frissons dans le doux de la laine. Et chaque matin je lui dis merci.
mercredi 9 novembre 2005
Le concept en deux phrases
Nous avons tous quelqu'un, quelques uns, à remercier.Quelqu'un qui, un jour, a fait notre vie plus belle. Je vous propose de partager ces remerciements. Parce que nous sommes quelques uns à en avoir besoin, de faire la vie plus belle, plus grande, plus jolie. Et à avoir envie de partager aussi, des rayons de soleil
Les jeudis soir au cinéma d'Uzès
Fernando nous invite au bar du cinéma d'Uzès tous les jeudis soirs, de 20h30 à minuit. Il nous est proposé aux uns et aux autres d'y apporter un peu de cet esprit créatif qui (me) manque ici et que certains appellent culture, pour aller très vite.
Je propose, moi de venir avec des petits papiers, sur lesquels j'aurais imprimé les remerciements que j'aurai récolté sur ce blog, MERCI QUI ?
Sur place, je recueillerai les remerciements qui se présenteront, et qui seront proposés à la lecture le jeudi suivant. Je vous demande donc aujourd'hui de publier vos remerciements sur ce blog, et d'appeller vos amis à en faire autant.
Et je vous dis à jeudi.
Paprika
merci ERIC....
Longtemps, j'ai cru que je n'aimais pas les maths.J'étais une littéraire, c'était évident.
Et puis, un jour, j'ai eu un collocataire qui passait son agregation de maths. Pourtant il était jeune, il avait les cheveux longs, une grosse moto, il aimait les Doors, et il parlait de ses projets de voyages en Afrique. Bref, c'était un humain. Alors je lui ai demandé, par quel mystère...Et là il m'a parlé du zéro. De "l'invention" du zéro, et j'ai entrevu ce que ça produit dans la pensée, la possibilité de l'abstraction, et j'avais le vertige. Et c'était beau comme une belle pensée dans un livre de littérature, de philosophie.
Je regrette de ne pas t'avoir rencontré quand j'étais encore à l'école.
J'envie celles et ceux qui t'auront comme prof de math.
Eric a ouvert ce jour là pour moi une grande porte. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui j'ai envie de lui dire
MERCI ERIC. Merci d'avoir fait pour moi le monde un peu plus grand qu'il ne l'était avant.

